LE SAVOIR AFRICAIN ET SES FORMES : YAMBO OUOLOGUEM “NOMOTHETE”

source : revue Baobab http://www.revuebaobab.org/content/view/16/33/

Koffi David N’GORAN

Université de Cocody-Abidjan

Introduction

Cette réflexion vise à esquisser une brève « archéologie » du savoir africain, voire africaniste dans son aspect littéraire à partir de Yambo Ouologuem, écrivain malien de la période 1960-1970, auteur de Le devoir de violence, paru chez Seuil en 1968.

Il s’agira de voir comment, au-delà de sa dimension anecdotique ou encore des émotions suscitées par le « scandale » de sa parution et de sa distinction, l’œuvre de Yambo Ouologuem constitue le point de départ d’un « nomos spécifique» 1 dans le vaste champ du discours portant sur l’objet africain.

La figure de « nomothète » attribuée à Yambo Ouologuem se trouve alors justifiée dans un premier temps par le contexte de la parution du texte ayant placé le sujet-écrivain au centre d’un ensemble de bouleversements de l’ordre établi du savoir (social, institutionnel, symbolique…).

Dans un second temps, cet écrivain oublié 2 est un « héros » fondateur du « champ littéraire africain » 3 dont il a contribué à l’autonomisation en se constituant à la suite de René Maran comme acteur d’un savoir africain, dans sa dimension littéraire, multiforme et dialectique. Yambo Ouloguem est alors une des origines de la redéfinition de la nature, de la pratique et de la fonction des littératures africaines et francophones.

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